Posts Tagged ‘ Tabac ’

Augmentation du prix du tabac : la double hypochrisie du gouvernement

Ça n’est pas dans les Statelogs, et ce n’est pas la revue de presse que je vous ai promis. Mais je voulais faire une pause avant de commencer. Je tiens à dire que je suis très agréablement surpris du nombre de visite de ces deux derniers jours, entre hier et aujourd’hui (alors que la soirée n’a pas commencer), je recense près de 70 visites uniques, alors que j’ai pour ainsi dire inauguré ce blog ce weekend (Spotify vs Deezer est en ligne depuis quelques semaines en effet, mais c’était un peu symbolique, je ne lui ai jamais fait de publicité – je ne sais même pas d’où viennent les 4 visiteurs sur l’article :). Cela m’encourage à continuer, et comme vous semblez aimer les sujets d’actualité, même si celui-ci a quelques jours déjà, je ne résiste pas à vous argumenter mes vues dessus.

Pour être honnête, j’ai fumé – pour voir – deux années, mais je n’ai pas touché à une cigarette depuis plusieurs mois. Je pense donc pouvoir me mettre dans la tête d’un fumeur, tout en étant relativement impartial. Et autant vous dire tout de suite – mais vous le savez déjà si vous avez lu le titre – je n’approuve en rien la politique gouvernementale sur le sujet.

Le gouvernement dit vouloir faire baisser la consommation de tabac, en augmentant les taxes sur celui-ci. Or les statistiques montrent un effet inverse au but recherché. Ces statistiques sont connues. Si le gouvernement n’a pas changé de méthode, est-ce de la mauvaise foi de penser que le but recherché n’est pas le but officiel ? Les augmentations de tabac ne réjouissent pas le fumeur. Mais ce n’est pas une augmentation de 30 centimes sur le prix de son paquet qui va l’empêcher de l’acheter – ça ce sont les faits qui le montrent. Ces augmentations ont lieu à intervalle régulier, mais suffisamment espacées pour que le fumeur ait le temps d’oublier la précédente quand il voit arriver la suivante. Cela annule donc l’effet psychologique, recherché, sur le fumeur.

Mais finalement, la méthode elle-même, même avec une augmentation brusque du prix du tabac, est contestable. En effet : le seul impact que toutes ces mesures auront à terme sur le fumeur sera une augmentation du marché noir des cigarettes (ce post d’un blog du Monde est intéressant à ce sujet). Le fumeur cessera d’acheter ses cigarettes chez son buraliste préféré (ça, ce sera pour les jours de fête – idée cadeau pour Noël 2015 : des cigarettes, des vrais !), ira à Barbès acheter des cigarettes chinoises qui elles, au moins, le tueront à coup sûr (ça c’est pour les retraites), ou bien à l’étranger (Belgique, Espagne…) s’il habite près d’une frontière. Dans tous les cas, l’État sera perdant, et le fumeur plus encore. Le débat est le même que celui de la légalisation de la drogue (tient, une idée pour un prochain post ? Expérience personnelle en moins…), à savoir que l’État prenne un peu soin de ses citoyens, ramasse (un peu) du pognon au passage, mais que cela évite au fumeur de préférer financer les mafias, et le terrorisme (et la Chine), et d’exposer encore plus sa santé qu’avec des produits, certes pas très bon à la base, mais au moins pas trop trafiqué. Car tout ce qui appartient au marché noir n’a pas de norme européenne à respecter, mais vous le saviez déjà. Et encore, je ne vous parle pas de ça.

Régler le «problème» du tabac par une augmentation des taxes me parait donc illusoire, cela ne peut se régler que dans les têtes. Or cela coûte de l’argent dans ce cas. De plus, l’image de délinquant que donne les associations anti-tabac et le gouvernement aux fumeurs ne fait qu’augmenter le tabagisme chez les ados (ça fait encore plus rebelle de fumer du crack ET du tabac). En gros c’est… Contre productif – mais c’est rentable, soigner son image ET son porte-feuille, c’est comme avoir le beurre, et l’argent du beurre. En résumé, les augmentations répétitives de 6% du prix du tabac font râler les fumeurs – pas content de payer plus – mais ne les empêchent pas de payer – tant pis, ‘économiserai sur autre chose.  En plus un français, c’est têtu. Les associations anti-tabac, elles, râlent puisque cela n’affecte pas les fumeurs – même si je pense qu’elles ont tort dans le fond de toute façon. En gros, les seuls que cela réjouis sont ceux qui veulent augmenter les impôts sans augmenter les impôts, mais il est difficile de trouver des éléments sur les coûts associés à la lutte anti-tabac – je vais chercher. En attendant, votre devoir pour demain : embrasser les fumeurs que vous connaissez, pour les remercier de leur généreuse contribution à la non augmentation des impôts (ou presque).

Publicités
%d blogueurs aiment cette page :